Point d'écoute

Point d'écoute

music and creation



Con sordino

musiques électroacoustiques feutrées

conordino2008

Edition 2008 : Programmation


Martin Marier est né en 1975 dans une petite ville brune et horizontale. Il a poursuivi des études en musique, d’abord au Cégep de Drummondville, et finalement à l’Université de Montréal. Bien qu’il ait quitté sa ville natale il y a longtemps, il demeure inspiré par les tavernes glauques, les gigantesques stationnements vides et le salon d'esthétique et de coiffure chez Électro-Lise.

Il s’intéresse principalement au rapport geste-son en musique électronique, et un peu aussi à la musique pour support. Il a gagné, en 2001, le concours des jeunes compositeurs de Radio-Canada dans la catégorie électroacoustique. Grâce à de surprenants concours de circonstance, il lui a été donné de travailler auprès d’artistes de renom dont les noms paraissent très bien dans un CV. Il termine présentement sa maîtrise en composition à l'Université de Montréal.


Cymbale (2008) est la deuxième d'une série de pièces mono-timbrales. Tout comme la première de la série Piano, elle est née d'une fascination pour les résonances d'un son instrumental. À force d'amplifier ses détails, de descendre dans ses profondeurs, on peut percer certains secrets d'un son. Cymbale tente de les dévoiler.

Luc Ferrari (1929 - 2005) Né à Paris en 1929... Il s'interroge sur cette première phrase ; d'abord 1929. Il a écrit de nombreuses autobiographies dans lesquelles il falsifiait les dates. L'écriture le rend fou, il ne faut pas lui demander ça. Et comme il n'osait pas se rajeunir il se vieillissait. Il y a donc des tas de fausses dates qui courent, cela l'amusait à l'époque. Maintenant ça l'amuse beaucoup moins !

Ensuite, né à Paris. Il s'interroge : être né à Paris ! Il se demande ce qu'il aurait été s'il était né dans le petit village de son père, en Corse. Il se demande ce qu'il aurait été s'il était né à Marseille, la ville de sa mère. Il se demande ce qu'il aurait été s'il était né en Italie, le pays de ses ancêtres. Et pour cela, il n'a aucune réponse. Artiste hors-normes, pluridisciplinaire, à la fois de son époque et intemporel, rebelle et reconnu comme tel. Luc Ferrari était un passeur, un manipulateur de son, un grand humoriste et un séducteur comme on en rencontre peu dans le milieu très fermé de l'électroacoustique.

Il participa très tôt à l'élaboration de la musique concrète avec Pierre Schaeffer entre 1958 et 59. Il rencontra quelque temps plus tard Edgar Varèse et fut professeur à Cologne et à Stockholm. Aujourd’hui, son héritage est toujours bien vivace chez des artistes contemporains de l'electro. Presque Rien no.2 (1977)


Composée en 1977, Presque Rien n°2, ainsi continue la nuit dans ma tête multiple inverse carrément, à tous les niveaux, la proposition du premier Presque rien. D'abord, parce que cette fois, les micros et le magnétophone ne sont pas fixes: ils vont à la rencontre des différents éléments qui constituent le paysage sonore. Ensuite, parce que le compositeur, accompagné de sa complice Brunhild, commente son errance, ses déplacements et ses recherches.

Certes, ces paroles dites à mi-voix sont des plus parcimonieuses afin de ne pas détruire la magie de ce qui est donné à entendre, mais il n'empêche que cette fois, l'auditeur n'est plus seul: la visite est guidée et la présence du chasseur de sons, clairement marquée. Bien plus encore. Après une longue séquence durant laquelle on découvre les différents sons d'un paysage nocturne - grillons, oiseaux de nuit, cloche au loin, aboiements d'un chien, symphonie d'insectes, solos d'un oiseau, d'un insecte dans les herbes - tout se met brusquement à changer.

La nuit a surpris le compositeur, pénétré dans sa tête et, au cours de son travail en studio, celui-ci laisse tout à coup libre cours à sa subjectivité, modifie le paysage de la nuit extérieure en une sorte de « psychanalyse de son propre paysage de nuit ». Un fantasme qui se poursuivra jusqu'au délire cauchemardesque d'orage, de pluie et de notes électroniques assenées avec insistance. L'immersion dans un cadre naturel idyllique n'a pu conjurer la violence, les guerres et les injustices qui nous entourent, que le temps d'une vision d'espoir sous les étoiles. Après l'avoir terminé, Luc Ferrari a jugé ce Presque rien n°2 trop intime pour le rendre public, et c'est seulement deux ans plus tard qu'il a admis qu' « il n'y avait aucune raison que cette nuit secrète ne voit pas le soleil ».

Nicolas Bernier + Jacques Poulin Denis : Les compositeurs Nicolas Bernier et Jacques Poulin-Denis ont entamé leur collaboration en 2006. Tous deux membres de l’orgainsme Ekumen, ils participent à plusieurs sphères de la création : musique électronique, musique instrumentale, paysage sonore, performance audio, art vidéo, danse et théâtre. Mettant à profit ce bagage éclectique, leur travail collaboratif est essentiellement consacré à la musique de scène. C'est à travers un travail constant de dialogue, de partage de matériaux, de transfert de neurones, d'affrontement et d'expérimentation sonore que le duo se nourrit.


QAT (2007) est une pièce tirée du projet étude no.3 pour cordes et poulies, musique originalement conçue pour une création de la compagnie de danse O Vertigo. QAT parle du désir qu’a la pensée à lever les voiles et à prendre son envol malgré la contrainte matérielle du corps qui l’oblige à demeurer sur le rationnel terrestre.

Dominic Thibault (Howick, Québec, 1984) : C’est dès son plus jeune âge que Dominic Thibault éprouve une mystérieuse attirance pour la musique. Après s’être attardé durant quelques années aux touches blanches et noires du piano, il s’intéresse à la guitare et à son côté rebelle. C’est d’ailleurs cette passion pour la six cordes qui le guide au cégep Saint-Laurent, lieu où il découvre, grâce à Michel Tétreault, la composition et la création sonore. En 2005, Dominic Thibault entreprend un baccalauréat en composition électroacoustique à l’Université de Montréal avec, comme professeurs, Robert Normandeau et Jean Piché.

Son intérêt pour les musiques acousmatiques et mixtes, la programmation musicale et le phénomène de spatialisation le pousse à composer une musique nouvelle. Il travaille à l'heure actuelle sur de nombreux projets artistiques dont une série de pièces mixtes écrite en collaboration avec Jocsan Rivera et une installation multimédia avec l’artiste visuel Paul-Antoine Gauvreau en plus de se consacrer à l’art acousmatique.

Au cours de l’année 2007, il a remporté les concours V Concurso Internacional De Miniaturas Electroacústicas du ministère de la culture d’Andalousie et Jeu de Temps / Time Play de la Communauté électroacoustique canadienne pour sa pièce « Nuit noire, Nuit grise ». Prochainement, il s’intéressera, dans le cadre d’une maîtrise en composition, au développement d’outils articulatoires pour la musique acousmatique.


Les Études pianivores (2008) consistent en une série de 4 courtes pièces s’intéressant au matériau sonore extrait d’un piano (vous en entendrez 2 ce soir...). Ce matériau sonore, obtenu par la torture d’un pauvre piano, est ensuite organisé selon une série de concepts propres à chacune des études. Le but ici visé était de perfectionner mon langage en me limitant à certaines techniques d’écritures et certains matériaux de base tout en portant une attention particulière à la musicalité de l’oeuvre résultante.

Étude tramée !?! 4m03s
Se voulant, à la base, une étude sur le matériau tramé, cette pièce s’est révélée être probablement la pièce la plus articulée du cycle d’études!

Étude rythmique 4m39s
Travail d’intégration du rythme d’une façon naturelle dans une musique acousmatique grâce, entre autres, à la boucle et à l’oscillation.

Helena Gough est une artiste évoluant à Birmingham au Royaume-Uni. Son travail implique des manipulations de sons d’origine concrète tout en explorant leurs propriétés abstraites. Chaque nouvelle pièce est fondée sur la capacité à tirer le plus de ressources expressives à partir de la source sonore la plus insignifiante dans le but de toujours réussier à créer quelque chose à partir de presque rien. Ses performances en concert sont des recombinaisons improvisées de tous ses matériaux, généralement dans l’obscurité des salles de concert, et lui permettent créer des environnements sonores uniques à chaque représentation.

Issue d’une formation classique en violon et en composition à la Royal Academy of Music, Junior Academy, Helena complète ensuite un B.Mus à la Birmingham University. Elle se produit régilèrement dans des concerts de “laptop”, seule ou en collaboration avec des artistes tels Lee Patterson, Benedict Drew. Elle est membre permanente des ensembles Migrant et Photon Hex (avec Nicholas Bullen et Simon Mabbott, ex-Napalm Death/Black Galaxy).

Helena fait partie du projet Sonic Postcard, récemment récompensé du New Statesman New Media Award for Education et soutenu par le Sonic Arts Network. Ce projet ambulant permet à des jeunes de tout le pays de s’initier à l’enregistrement et aux utilisations créatives des outils d’édition sonore.

Liq (11m10s): Formes liquides en constante évolution, toujours en mouvement. Surfaces perforées et flexibles.

Robert Normandeau (Québec, Québec, 1955)

Après avoir obtenu un baccalauréat en composition de l’Université Laval en 1984, Robert Normandeau s’installe à Montréal où il obtient une maîtrise (1988) et le premier doctorat (1992) en composition électroacoustique de l’Université de Montréal, sous la direction de Marcelle Deschênes et de Francis Dhomont. Il a été l’un des membres fondateurs de la Communauté électroacoustique canadienne (CÉC) en 1987. De 1986 à 1993, il est membre de l’Association pour la création et la recherche électroacoustiques du Québec (ACREQ), où il produit notamment la série de concerts Clair de terre de 1989 à 1993, au Planétarium de Montréal. En 1991, il co-fonde Réseaux, une société de concerts dédiée à la diffusion des arts médiatiques qui a produit les séries de concerts Rien à voir.

Après s’être porté sur quelques œuvres instrumentales et mixtes, son travail de compositeur est aujourd’hui essentiellement consacré à la musique acousmatique. Plus spécifiquement, par les sonorités utilisées et les choix esthétiques qui la tendent, sa démarche s’inscrit dans un «cinéma pour l’oreille» où le ‘sens’ tout autant que le ‘son’ contribuent à l’élaboration de ses œuvres. À son travail de compositeur de musique de concert s’ajoute maintenant celui de compositeur de musique de scène, pour le théâtre notamment.

Il est professeur de composition électroacoustique à l’Université de Montréal depuis 1999. Il a reçu deux Prix Opus décernés par le Conseil québécois de la musique (CQM) en 1999: «Compositeur de l’année» et «Disque de l’année 1999 — Musique contemporaine» pour son disque Figures (IMED 9944). L’Académie québécoise du théâtre (AQT) lui a décerné un Masque en 2002: «Meilleure musique de théâtre» pour la pièce Malina.

Robert Normandeau est lauréat des concours internationaux Ars Electronica, Linz (Autriche, 1993, Golden Nica en 1996), Bourges (France, 1986, 1988, 1993), Fribourg (Suisse, 2002), Luigi-Russolo, Varese (Italie, 1989, 1990), Métamorphoses, Bruxelles (Belgique, 2002, 2004), Musica Nova, Prague (République Tchèque, 1994, 1995, 1998), Noroit-Léonce Petitot, Arras (France, 1991, 1994), Phonurgia-Nova, Arles (France, 1987, 1988), Stockholm (Suède, 1992).

Il a reçu des commandes du Banff Centre for the Arts, de CKUT-FM, de Codes d’Accès/Musiques & Recherches, Jacques Drouin, Événements du neuf, Groupe de recherches musicales (GRM), Groupe de musique expérimentale de Marseille (GMEM), Claire Marchand, Arturo Parra, Musée d’art contemporain de Montréal, Open Space Gallery, Société Radio-Canada, Réseaux, Sonorities Festival, Vancouver New Music et Zentrum für Kunst und Medientechnologie (ZKM).

Il a été compositeur invité à Banff (Canada, 1989, 1992, 1993), à Belfast (Irlande du Nord, 1997), à Bourges (France, 1988, 1999, 2005), à Mons (Belgique, 1996), à Paris (France, 1990, 1994), à Ohain (Belgique, 1987) et à Karlsruhe (Allemagne, 2004).


Le cap de la tourmente (1984-85) 7m24s

Création: 15 janvier 1985, Obscure (Québec, Québec)

Une des cinq trames sonores de Musique holographique (1985)

Cette œuvre a été composée en 1984-85 à l’occasion d’une exposition d’holosculptures de Georges Dyens. Cette exposition comportait cinq holosculptures, qui sont des sculptures intégrant des hologrammes. Ces œuvres, parcourues par des mouvements d’éclairage et par des cycles alternant les apparitions et les disparitions des hologrammes, étaient réparties dans la galerie de telle sorte que la plus grande distance possible puisse les séparer. Chacune d’entre elles était accompagnée d’une trame sonore différente diffusée en permanence. Ainsi le spectateur/auditeur qui se déplaçait dans la salle modifiait non seulement son centre d’intérêt visuel, focalisant sur telle ou telle œuvre, mais également son centre d’intérêt sonore, réalisant par son déplacement son propre mixage.

Musique holographique désigne une œuvre électroacoustique de concert réalisée à partir de ces matériaux sonores et en propose un mixage selon l’un des parcours possible de l’auditeur, celui qui, à mon avis, est le plus représentatif sur le plan sonore. Cette œuvre, d’une durée de trente-deux minutes, ne pouvant être présentée ici dans son intégralité, est représentée par l’une des cinq trames originales créées pour l’exposition. Elle a pour titre Le cap de la tourmente. Des éléments de cette trame sonore ont été utilisées dans trois autres œuvres Matrechka, La chambre blanche et Rumeurs (Place de Ransbeck).

Musique holographique a été réalisée en 1984-85 au studio du compositeur et a été créée le 15 janvier 1985 à Obscure (Québec). L’holosculpture originale (de Georges Dyens), ainsi que la musique qui l’accompagne, font partie de la collection permanente du Holographic Museum de New York (ÉU).

Georges Forget (Niort, France, 1978): Compositeur français installé au Québec, Georges Forget a commencé sa formation auprès de Christian Eloy au Conservatoire de Bordeaux dans la plus pure tradition acousmatique. Il a ensuite évolué, durant sa maîtrise avec Robert Normandeau, vers une approche plus mélodique de l’électroacoustique. Compositeur polyvalent, son travail accompagne également différentes formes d’expression comme le théâtre, la vidéo d’art ou le documentaire ; à cet égard, on a pu entendre son travail dans différents projets en Europe comme en Amérique du nord. Son travail s'est distingué lors des concours Jeu de Temps / Times Play 2007 et Música Viva 2003 et 2007.

Actuellement en fin de doctorat de composition sous la direction d’Isabelle Panneton et de Jean Piché, Georges Forget continue de privilégier l’utilisation du motif mélodique, élément structurant l'écoute et facilitant la lisibilité formelle de l’oeuvre. Son projet de musique mixte consiste en outre à développer des dispositifs permettant une plus grande ‘sensibilité’ dans les échanges musicaux entre machine et musicien. Georges Forget est boursier du Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture.


Seul et septembre (2008) 8m00s

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas
vivre ensemble!
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble!
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

− Extrait de « L'invitation au voyage »
Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal


Brian Eno : Titulaire d'un diplôme de l'école des Beaux-Arts de Winchester, Brian Eno s'intéresse à l'art conceptuel, à la sculpture sonore et aux travaux musicaux de John Cage, John Tilbury, et de Steve Reich, dont il s'inspire pour ses premières expérimentations faites au magnétophone. Il rejoint différents groupes (Merchant Taylor's Simultaneous Cabinet, Maxwell Demon, Cardew's Scratch Orchestra, Portsmouth Sinfonia) avant d'intégrer, en 1971, Roxy Music en tant qu'ingénieur du son et où il joue du synthétiseur. Une incompatibilité d'humeur et d'intérêt avec Bryan Ferry, le chanteur/crooner du groupe, le pousse à quitter le groupe en 1973. Commence alors une carrière exemplaire, toujours poussée vers la recherche, l'expérimentation, l'ouverture à toutes les formes de musique et d'art. Avec Discreet music et Music for airports, Eno définit de manière concrète une nouvelle perspective musicale : l'Ambient, une musique très réfléchie, proposant des atmosphères très minimalistes, parfois sombres, parfois froides qui peut aussi bien se prêter à une écoute attentive que distraite.

Il a aussi beaucoup oeuvré en tant que réalisateur sur les albums d'artistes aussi variés que Robert Fripp, David Bowie, les Talking Heads, U2, Robert Wyatt et un bon nombre d'autres.

Outre ses activités de compositeur, de producteur ou même de consultant en prospective à long terme (au moyen de sa Long Now Fondation), Brian Eno s'intéresse également à l'art contemporain. La Biennale d'Art Contemporain de Lyon en 2005 a exposé une de ses œuvres baptisée Quiet Club out # 13. Eno part du constat qu'il n'existe aucun club à Londres pour se relaxer. De là lui vient l'idée de Quiet Club, un jeu de formes et de lumières dans une pièce sombre, où sont posées des restes en plâtre de statues grecques, le tout dans une musique très relaxante.


Lantern Marsh (1982) est tirée de l'album On Land qui est sans consteste l'album le « plus noir » des albums d'ambient d'Eno et pourrait probablement être présenté comme un archétype de Dark Ambient, malgré ses méandres nostalgiques et mélancoliques et son organicité bien vivante.

C'est un grand mélange de nappes de synthétiseurs, d'enregistrements d'animaux et de bruits « de la nature » mélés à une foule d'autres sons dont la plupart était des rebuts issus d'anciennes sessions d'enregistrement : « la confection d'albums comme On Land a impliqué l'utilisation d'anciennes bandes dans le mix, des recyclages et remixages incessants ».

Bien que Lantern Marsh (marécage aux lanternes) fasse référence à un endroit dans la région d'Est-Anglie, près duquel Eno a grandi, il semble que le compositeur n'y soit jamais allé. Son expérience de cet endroit proviendrait plus de ce que lui aurait évoqué la vision de ce nom sur une carte et l'idée qu'il se serait faite de ces plaines et de ces marais brumeux longeant la mer du Nord, berceau de tant de légendes.

" A land that is lonelier than ruin

A sea that is stranger than death

Far fields that a rose never blew in,

Wan waste where the winds lack breath;

Waste endless and boundless and flowerless
But of marsh-blossoms fruitless as free

Where earth lies exhausted, as powerless
To strive with the sea ".


− Extrait de « By the North Sea »
Algernon Charles Swinburne


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